Heinrich von Kleist

La rubrique littéraire d'AOX ! Donnez vos "Tips" et critiques sur les oeuvres et les auteurs germaniques

Modérateur: Modérateurs

Grand AllemagnOmaXien
Avatar de l’utilisateur
Messages: 14398
Inscription: Mar 01 Nov 2005 12:14
Localisation: Beaujolais

Heinrich von Kleist

Messagepar Sonka » Sam 20 Aoû 2011 10:39

Kleist et la France

La France a joué un rôle non négligeable dans la vie d’Heinrich von Kleist bien qu’il fût originaire de Francfort-sur-l’Oder, en Prusse, dans l’est de l’Allemagne. L’écrivain y séjourna plusieurs fois. Il admira Rousseau. Mais il fut surtout un adversaire acharné de Napoléon.

Le Prince de Hombourg, Penthésilée, La Marquise d’O…, La cruche cassée… La France a, comme l’Allemagne, mis du temps à s’intéresser aux œuvres d’Heinrich von Kleist (1777-1811). Mais ce ne fut que pour mieux reconnaître son exceptionnel talent. Au XXe siècle, les plus grands ont ainsi porté ses drames à la scène ou ses récits à l’écran. Gérard Philipe a incarné le Prince de Hombourg au Festival d’Avignon en 1951. Et, aujourd’hui, les pièces de Kleist sont jouées régulièrement sur toutes les scènes de France.

Cette consécration tardive rend justice au génie de l’écrivain. Mais elle peut nous faire oublier les relations – parfois houleuses – que Kleist entretenait avec la France. Issu d’une famille de la grande aristocratie de Prusse, orphelin puis soldat dès l’adolescence, l’écrivain fut, de ce point de vue, l’enfant tourmenté d’une époque mouvementée.

La première rencontre de Kleist avec la France date de 1792. L’adolescent de quinze ans vient de perdre, en l’espace de quatre ans, ses deux parents. L’armée prussienne entre en guerre contre la France révolutionnaire. Caporal dans le régiment de la garde, Kleist est envoyé sur le Rhin. Mais, loin de trouver sa vocation dans le métier des armes, il appelle de ses vœux le retour de la paix.

Ceux-ci seront exaucés avec la paix de Bâle, en avril 1795, qui voit la Prusse se retirer du conflit. Kleist quitte l’armée, entreprend des études, se fiance et débute sans enthousiasme une carrière dans l’administration.

Admirateur de Rousseau


En 1801, Kleist a vingt-quatre ans. La lecture de Kant provoque un tournant majeur dans son existence. Il remet en doute la possibilité d’une connaissance objective. Cette « crise kantienne » le porte vers Rousseau et vers une philosophie axée sur le sentiment. Il croit y trouver le fondement stable que la raison ne lui offre plus. Il se met à voyager et séjourne, en particulier, à Paris. Bientôt, il va même beaucoup plus loin et envisage de mener, fidèle aux idéaux de retour à la nature, une vie de simple paysan en Suisse avec sa fiancée, Wilhelmine von Zenge. Il s’installe à Thoune, près de Berne. Wilhelmine rompt les fiançailles.

C’est alors que commence réellement l’activité littéraire du jeune Kleist. De retour en Allemagne, il est repéré par l’écrivain Christoph Martin Wieland et déménage à Oßmannstadt, près de Weimar, puis à Dresde. Bientôt, il reprend cependant la route pour la Suisse et la France. À la fin de 1804, son séjour à Boulogne-sur-Mer est à nouveau marqué par une profonde crise. Effondré sur les plans physique et psychique, Kleist pense – déjà – au suicide.

Ennemi de Napoléon


Sa vie bascule quelques mois plus tard, en octobre 1806. Napoléon met la Prusse à genoux à Iéna. Il entre dans Berlin, et l’occupe. Kleist, lui, est trouvé cheminant derrière les lignes françaises et accusé d’espionnage. Il est fait prisonnier et envoyé en France, où il passera six mois en captivité, au fort de Joux, puis à Châlons-sur-Marne. Pendant ce temps paraît en Allemagne sa pièce Amphitryon, inspirée de Molière.

Kleist est libéré en juillet 1807, après la paix de Tilsit. Et il n’a pas de mots assez durs pour s’opposer à Napoléon. Il exprime cette détestation dans son drame La Bataille d’Arminius, qui paraît en 1808, ainsi que dans des revues qu’il publie. En 1809, la défaite des Autrichiens à Wagram contre les Français achève sans doute ses derniers espoirs. Kleist, dont l’existence aura ressemblé à une succession de crises, se suicidera deux ans plus tard, le 21 novembre 1811, au bord du lac de Wannsee, près de Berlin, aux côtés d’Henriette Vogel. Il y a exactement 200 ans.


http://www.cidal.diplo.de/Vertretung/ci ... ve=2069408
L'harmonie est un équilibre fragile. Pour y contribuer, respectez activement les règles de bonne conduite.

Grand AllemagnOmaXien
Avatar de l’utilisateur
Messages: 14398
Inscription: Mar 01 Nov 2005 12:14
Localisation: Beaujolais

Re: Heinrich von Kleist

Messagepar Sonka » Jeu 29 Sep 2011 12:05

Festival : le bicentenaire de la mort de Kleist à l’honneur à Francfort-sur-l’Oder

Le festival Kleist de Francfort-sur-l’Oder s’inscrira pleinement cette année dans le cadre des célébrations marquant le bicentenaire de la mort de l’écrivain allemand. Pas moins de 25 représentations théâtrales, lectures, débats et expositions sont prévus pendant quinze jours (18-30 octobre) sur le thème commun de la « confiance ». Confiance en soi, confiance dans les autres : la notion est récurrente dans la vie et l’œuvre d’Heinrich von Kleist (1777-1811). Elle fera également l’objet d’un colloque de jeunes chercheurs dans le cadre du festival.

Événements théâtraux

Parmi les événements les plus attendus de la quinzaine figurent deux premières théâtrales. Les festivaliers découvriront ainsi le troisième et dernier volet du projet théâtral La petite Catherine de Heilbronn (Das Kätchen von Heilbronn), inspiré de l’œuvre éponyme de Kleist.

D’autre part, pour célébrer l’« Année Kleist », le groupe d’artistes « Rimini Protokoll » a monté un projet original, à mi-chemin entre l’art et le documentaire, intitulé « Hermann’s Battle ». Il retrace le lien entre la pièce de Kleist La bataille d’Arminius (Die Hermannschlacht) et les conflits et les guerres d’aujourd’hui. Il sera, lui aussi, présenté pour la première fois au festival de Francfort-sur-l’Oder.

Ville natale de l’écrivain, Francfort-sur-l’Oder établira aussi un lien théâtral avec Berlin. Le théâtre Maxim Gorki de la capitale présentera deux pièces de Kleist, Le Prince de Hombourg et Amphitryon.

Le début du festival verra, par ailleurs, la remise du prix Kleist, destiné aux jeunes dramaturges, à Wolfram Lotz. Sa pièce « Der Große Marsch » sera représentée.

Enfin, le festival Kleist rendra hommage aux travaux graphiques de l’écrivain. Une exposition leur sera consacrée à partir du 23 octobre au musée Kleist de Francfort-sur-l’Oder.


http://www.cidal.diplo.de/Vertretung/ci ... ve=2069408
L'harmonie est un équilibre fragile. Pour y contribuer, respectez activement les règles de bonne conduite.

Grand AllemagnOmaXien
Avatar de l’utilisateur
Messages: 14398
Inscription: Mar 01 Nov 2005 12:14
Localisation: Beaujolais

Re: Heinrich von Kleist

Messagepar Sonka » Jeu 29 Sep 2011 12:10

Et si jamais on a des inconditionnels de Kleist, voilà un lien sur l'année Kleist : http://www.kleist2011.de/
L'harmonie est un équilibre fragile. Pour y contribuer, respectez activement les règles de bonne conduite.

Grand AllemagnOmaXien
Avatar de l’utilisateur
Messages: 693
Inscription: Jeu 03 Fév 2011 10:45
Localisation: Paris

Re: Heinrich von Kleist

Messagepar bico » Jeu 29 Sep 2011 16:08

Mes petits copains ont concocté une
page spéciale Année Kleist 2011
avec de nombreux liens et une représentation originale de Michael Kohlhaas qui pourrait aussi intéresser ceux,
qui ne sont pas des férus des classiques allemands.

 


  • Articles en relation
    Réponses
    Vus
    Dernier message

Retourner vers Livres et auteurs allemands

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités