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Posté le: Mar 13 Juin 2006 14:28 Sujet du message:
SebOmaX a écrit:
Gaston Lagaffe a écrit:
J'ai l'impression qu'en France vous avez 36 filières différentes. Est-ce que ça sert vraiment à quelque chose ?
Quoi donc ? D'avoir une multitude de filières ou d'avoir des filières inutiles ?
Excellent Sébastien !
Non mais sérieusement, ça sert vraiment à quelque chose d'avoir 36 filières alors qu'en plus, quand je me souviens moi à cet âge-là je savais pas encore vraiment ce que je voulais faire plus tard, alors j'imagine que les jeunes francais qui doivent choisir parmi 36 filières ils ne doivent pas savoir plus qu'à mon époque... Ils font comment alors ? pif-pif ?
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Posté le: Mar 13 Juin 2006 14:40 Sujet du message:
Je trouve ça plutôt bien, il faut dire aussi que dès la 6e j'ai voulu devenir professeur de français, alors c'est sans aucune hésitation que j'ai choisi la filière littéraire. Ca permet de vraiment faire ce qu'on aime, en L, on a beaucoup de français, de philo, d'histoire et des langues anciennes et vivantes. J'étais bien contente de ne faire qu'une heure de sciences par semaine car les maths m'ennuient au plus haut point.
Il n'y a tout de même pas 36 filières, je ne m'y connais pas très bien dans les filières technologiques et techniques, mais pour ce qui est des voies générales, c'est relativement clair.
Ce que je déplore surtout, c'est la dévalorisation du bac L. Pour moi qui aime la littérature, c'est très dur d'entendre dire à un élève:
"Non, tu ne peux pas aller en S, tu es nul en maths.
-mais, j'aime ça.
-tu n'y arriveras pas, vas plutôt en L.
-mais je suis nul en français et en histoire.
-ce n'est pas grave, tu vas bien y arriver."
Résultat, l'élève s'ennuie, se plante au bac (la philo est coefficient 7 en L) et doit redoubler.
Pour certains profs (oui, des profs...), la filière L est devenue un peu la filière poubelle ce qui est ridicule:le bac L a autant de valeur que les autres bacs.
Le préjugé est malheureusement aussi présent chez certains parents;c'est le cas d'une de mes amies, son père l'a obligée à faire un bac S, soit-disant parce que c'est plus prestigieux (depuis quand savoir résoudre des équations est plus prestigieux que savoir traduire des vers d'Horace ou analyser la situation économique d'un pays? ), elle en a bavé, la pauvre, elle a réussi à avoir son bac, mais de justesse et bien sûr, ce sont les matières littéraires qui l'ont sauvée.
C'est bien dommage d'en être arrivé là!
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Posté le: Mar 13 Juin 2006 15:00 Sujet du message:
Certes, mais je doute que des gamins de 14 ans soient capables de choisir entre telle et telle filière...
Tiens, ça me rappelle la question que m'avait posé deux jeunes allemands, quand je leur avais un peu expliqué le système scolaire français, et le fait qu'en France il y a plein de métiers qu'on peut exercer sans forcément y avoir été formé (ce qui est quasiment impossible en Allemagne : que ce soit les métiers manuels ou techniques, sur les chantiers, les électriciens, les plombiers, etc, sont tous des métiers où sans formation il est impossible d'y entrer en Allemagne - alors qu'en France c'est quand même assez catastrophique de voir que n'importe qui -ou presque- peut devenir plombier ou macon ou manoeuvre sur un chantier...).
Donc, pour revenir à ce que je disais, en-dehors du fait que cela les avait littéralement choqué d'apprendre cela (je crois que les Allemands ne savent pas ce genre de choses, et seraient probablement très choqués...), la première question qu'ils m'avaient posé (et qui m'avait beaucoup fait rire ) c'était : "Mais quand est-ce qu'ils apprennent un métier ?!?"
Ca montre bien la différence entre le côté très pragmatique des Allemands, et le côté un peu trop idéaliste (je dirais même rêveur !) du système scolaire français...
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Posté le: Mar 13 Juin 2006 15:05 Sujet du message:
Nous avons 16 ans au moment de ce choix.
Les gens qui décident d'aller en Seconde générale envisage de faire des études longues (en théorie, ou alors d'avoir le bac, ce qui leur donne le droit à certaines formations), je trouve donc normal que, durant le lycée, nous restons dans le domaine du théorique et des connaissances globales.
Les gens qui souhaitent travailler et se former à un métier choisissent de faire un BEP (Brevet d'études professionnelles) ou un CAP (certificat d'aptitudes professionnelles ): BEP d'électricité, d'électronique ou CAP de vente, d'esthéticienne, de coiffure...
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Posté le: Mar 13 Juin 2006 15:20 Sujet du message:
Attention, ne me comprend pas mal ! Je n'ai rien contre les métiers intellectuels. Il faut de tout, des prof, des chercheurs, des ingénieurs, tout autant que des plombiers, des électriciens, etc.
Mais j'ai toujours eu l'impression (qui ne fait que se confirmer à chaque fois que nous sommes en France et que nous discutons avec d'autres parents), que chez vous en France, ils accentuent quand même beaucoup trop sur ce genre de choses, alors qu'il faut moins d'ingénieurs ou de prof que de gens qui font des métiers manuels par exemple.
D'ailleurs, l'un des rapports du Sénat déplore que seulement 400.000 jeunes français choisissent l'apprentissage (à titre de comparaison : en Allemagne c'est plus de 2.000.000 !!!)...
Ma fille par exemple, pour revenir à plus actuel/concret, n'a pas eu de notes correctes à son Abitur. Elle fera donc une "Lehre" (un apprentissage) à partir du mois d'août (le temps de lui trouver une place). Si elle avait eu des bonnes notes, elle aurait pu faire des études.
En France, avec les autres parents d'élèves (amis) avec qui nous discutons régulièrement de ces sujets, eux ils auraient tous envoyé leur gamin(e) faire des études, même avec des notes très moyennes au Bac.
Alors qu'on sait que la majorité des étudiants de première année en faculté, en France, sort du système sans diplôme...
N'est-ce pas tout de même une preuve d'irréalisme ?
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Posté le: Mar 13 Juin 2006 15:23 Sujet du message:
Yseult a écrit:
Nous avons 16 ans au moment de ce choix.
14 ou 16 ans, il n'y a pas vraiment de différence.
Je suis persuadé que 95% des gamins de cet âge ne savent pas ce qu'ils feront plus tard comme métier (et c'est normal ! moi j'étais pareil, et avant moi les générations précédentes n'avaient même pas le choix...).
Donc, à quoi cela sert-il de les contraindre à choisir parmi x filières ou de les forcer à aller en filière générale dans un lycée ?! Alors que tu le dis toi-même, certains en sont totalement incapables...
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Posté le: Mar 13 Juin 2006 15:35 Sujet du message:
Sur ce point, il ne faut pas accuser le système, mais la mentalité des Français!
Ce que j'ai expliqué pour les bacs généraux (hiérarchie farfelue) se produit également à la fin de la Troisième (les élèves ont 15 ans), lorque l'élève doit se décider pour la voie générale (Seconde générale) ou la voie professionnelle (BEP, CAP, Seconde Technologique...). Il existe de multiples possibilités, mais les gens considèrent presque comme un déshonneur le fait d'envoyer leurs enfants dans une filière professionnelle. J'ai assité à un conseil de Classe, la semaine dernière, où se jouait l'avenir des Troisièmes. Même certains élèves très faibles demandent la seconde générale car leurs parents ne veulent pas d'une autre possibilité. Je suis prête à parier que ceux-là vont au moins redoubler leur seconde, puis bifurquer vers une voie professionnelle... ils auront perdu 2 ou 3 ans...
A l'inverse, l'élève motivé qui demande d'emblée un BEP s'en sortira sûrement mieux.
Pour l'apprentissage, je ne m'y connais pas très bien, c'est relativement peu développé en France, il me semble.
Je crois qu'au final nous sommes d'accord.
C'est la mentalité qui doit changer: il faut arrêter de penser que le travail intellectuel est plus prestigieux que le travail manuel; malheureusement, ce point semble dur à accepter pour les Français.
Ensuite, tu parles du problème de l'après-bac, c'est encore différent, selon moi. A cet âge, l'élève est responsable, il doit être assez grand pour choisir sa voie et se prendre en charge. Souvent les élèves se trompent, ils partent dans une certaine filière, se rendent compte qu'ils n'y arriveront jamais et finissent par repartir dans un BTS (Brevet des Techniciens Supérieurs) ou un DUT (Diplôme universitaire de technologie), donc 2 ans d'études. Au final, ils perdent des années.
Par contre, pour revenir aux cours dispensés en lycée, j'attache beaucoup d'importance à l'étude des Humanités, je ne suis pas d'accord avec le pragmatisme ambiant qui voudrait que tout ce qui n'est pas utile pour plus tard soit supprimé.
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Posté le: Mar 13 Juin 2006 15:52 Sujet du message:
Yseult a écrit:
Je trouve ça plutôt bien, il faut dire aussi que dès la 6e j'ai voulu devenir professeur de français, alors c'est sans aucune hésitation que j'ai choisi la filière littéraire. Ca permet de vraiment faire ce qu'on aime, en L, on a beaucoup de français, de philo, d'histoire et des langues anciennes et vivantes. J'étais bien contente de ne faire qu'une heure de sciences par semaine car les maths m'ennuient au plus haut point.
Ok. Je comprend parfaitement vu que moi aussi les maths ne m'ont jamais passionnée (même si j'étais plutôt bon en math), et c'était aussi l'une des raisons pour laquelle j'ai passé moi aussi un Bac (franco-allemand) littéraire, comme toi.
Ceci dit, j'ai toujours été surpris des différences entre les deux systèmes quand par exemple une fois par an nous faisions une semaine d'échange avec le lycée d'échange, côté français.
Yseult a écrit:
Il n'y a tout de même pas 36 filières, je ne m'y connais pas très bien dans les filières technologiques et techniques, mais pour ce qui est des voies générales, c'est relativement clair.
Si j'ai bien compté, il y a quand même 14 filières en général, et 8 filières "technologiques", plus les x filières professionnelles.
Tu ne penses pas que c'est beaucoup trop de filières ? Ca fait quand même plus de 22 filières ! C'est énorme !!!!
Yseult a écrit:
Ce que je déplore surtout, c'est la dévalorisation du bac L. Pour moi qui aime la littérature, c'est très dur d'entendre dire à un élève:
"Non, tu ne peux pas aller en S, tu es nul en maths.
-mais, j'aime ça.
-tu n'y arriveras pas, vas plutôt en L.
-mais je suis nul en français et en histoire.
-ce n'est pas grave, tu vas bien y arriver."
Résultat, l'élève s'ennuie, se plante au bac (la philo est coefficient 7 en L) et doit redoubler.
Pour certains profs (oui, des profs...), la filière L est devenue un peu la filière poubelle ce qui est ridicule:le bac L a autant de valeur que les autres bacs.
Le préjugé est malheureusement aussi présent chez certains parents;c'est le cas d'une de mes amies, son père l'a obligée à faire un bac S, soit-disant parce que c'est plus prestigieux (depuis quand savoir résoudre des équations est plus prestigieux que savoir traduire des vers d'Horace ou analyser la situation économique d'un pays? ), elle en a bavé, la pauvre, elle a réussi à avoir son bac, mais de justesse et bien sûr, ce sont les matières littéraires qui l'ont sauvée.
C'est bien dommage d'en être arrivé là!
Bien sûr que c'est dommage, mais les parents choisissent parfois aussi selon leurs propres critères, en pensant faire le meilleur choix pour leurs gamins... mais sans voir que le plus important c'est que le gamin fasse quelque chose qui lui plaise, et pas pour faire plaisir à ses parents...
Si tu savais le nombre de discussions que nous avons déjà eu avec d'autres parents... et sur lesquels nous avions des points de vue totalement opposés...
Mais, sans vouloir me faire l'avocat du diable, j'ai aussi un peu l'impression que les parents n'ont pas non plus trop le choix en France, car de ce que nous racontent nos amis, il n'y a que les filières scientifiques qui trouvent grace aux yeux de beaucoup d'employeurs, mais aussi d'écoles...
Donc, j'ai aussi l'impression que les parents n'ont pas non plus trop le choix en France. Ce qui expliquerait les choix absurdes que tu décris ci-dessus (envoyer son gamin, coûte que coûte, en filière scientifique).
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Posté le: Mar 13 Juin 2006 16:03 Sujet du message:
Yseult a écrit:
Sur ce point, il ne faut pas accuser le système, mais la mentalité des Français!
Ou les deux.
Yseult a écrit:
Il existe de multiples possibilités, mais les gens considèrent presque comme un déshonneur le fait d'envoyer leurs enfants dans une filière professionnelle.
Yseult a écrit:
J'ai assité à un conseil de Classe, la semaine dernière, où se jouait l'avenir des Troisièmes. Même certains élèves très faibles demandent la seconde générale car leurs parents ne veulent pas d'une autre possibilité.
Oui c'est terrible quand même cette inconscience des parents !
Yseult a écrit:
Je crois qu'au final nous sommes d'accord.
C'est la mentalité qui doit changer: il faut arrêter de penser que le travail intellectuel est plus prestigieux que le travail manuel; malheureusement, ce point semble dur à accepter pour les Français.
C'est également l'impression que j'ai.
Alors, que tu vois, ici, en Allemagne, le travail manuel ou technique a la même valeur (prestige) que le travail intellectuel !
Yseult a écrit:
Par contre, pour revenir aux cours dispensés en lycée, j'attache beaucoup d'importance à l'étude des Humanités, je ne suis pas d'accord avec le pragmatisme ambiant qui voudrait que tout ce qui n'est pas utile pour plus tard soit supprimé.
Bien sûr que pour la formation de nos futures têtes pensantes il faut des cours qui n'aient pas forcément un intérêt pratique. Moi aussi cela me semble évident.
Mais peut-être cela devrait-il être plutôt réservé à la formation de cette minorité, et pas l'excès tel qu'il a lieu actuellement où tout le monde est formé aux Humanités...
Inscrit le: 25 Mar 2006 Messages: 680 Localisation: Au pays de Ronsard et de Balzac...
Posté le: Mar 13 Juin 2006 16:10 Sujet du message:
Gaston Lagaffe a écrit:
Mais, sans vouloir me faire l'avocat du diable, j'ai aussi un peu l'impression que les parents n'ont pas non plus trop le choix en France, car de ce que nous racontent nos amis, il n'y a que les filières scientifiques qui trouvent grace aux yeux de beaucoup d'employeurs, mais aussi d'écoles...
Donc, j'ai aussi l'impression que les parents n'ont pas non plus trop le choix en France. Ce qui expliquerait les choix absurdes que tu décris ci-dessus (envoyer son gamin, coûte que coûte, en filière scientifique).
Oui, je ne peux le nier et je suis tout à fait d'accord sur le fait qu'un élève qui n'a aucune idée de ce qu'il souhaite faire plus tard a tout intérêt à choisir la filière scientifique. Mais cela perd tout sens lorsque l'élève a un projet précis qui n'a rien à voir avec les sciences!
J'avais aussi de bons résultats en sciences, mes profs ont voulu me faire faire un bac S, mais j'ai tenu bon et ai choisi les lettres car c'est ce que j'aime; j'aurais été bien malheureuse en S et je m'y serais ennuyée, pff, j'en baille rien qu'à y penser...
Donc, pour résumer, le bon élève qui n'a pas de projet fait le bon choix en faisant S, lui, de tout façon, il s'en sortira. Le pire, c'est l'élève moyen qui est envoyé en L, car il a été refusé en S. Cet élève là, au lieu de vouloir absolument avoir un bac général, devrait choisir une filière technologique qui se rapproche du bac S, un bac STI, par exemple. Le bac lui permettra ensuite de faire des études brèves, un DUT par exemple, mais efficaces.
Sur le site de Wikipédia, tu me sembles avoir compté comme filière les spécialités! En général, il n'y a que 3 filières: L, ES et S. A l'intérieur, l'élève choisit une spécilalité, c'est en général sur cette matière que portera le plus gros coefficient de son bac.
Inscrit le: 11 Jan 2006 Messages: 1914 Localisation: Trier, Rheinland-Pfalz, Deutschland
Posté le: Mar 13 Juin 2006 16:19 Sujet du message:
Gaston Lagaffe a écrit:
Yseult a écrit:
Je crois qu'au final nous sommes d'accord.
C'est la mentalité qui doit changer: il faut arrêter de penser que le travail intellectuel est plus prestigieux que le travail manuel; malheureusement, ce point semble dur à accepter pour les Français.
C'est également l'impression que j'ai.
Alors, que tu vois, ici, en Allemagne, le travail manuel ou technique a la même valeur (prestige) que le travail intellectuel !
D'ailleurs je pense que ceci (ci-dessus) est intimement lié avec ce que je disais tout à l'heure :
Gaston Lagaffe a écrit:
Tiens, ça me rappelle la question que m'avait posé deux jeunes allemands, quand je leur avais un peu expliqué le système scolaire français, et le fait qu'en France il y a plein de métiers qu'on peut exercer sans forcément y avoir été formé (ce qui est quasiment impossible en Allemagne : que ce soit les métiers manuels ou techniques, sur les chantiers, les électriciens, les plombiers, etc, sont tous des métiers où sans formation il est impossible d'y entrer en Allemagne - alors qu'en France c'est quand même assez catastrophique de voir que n'importe qui -ou presque- peut devenir plombier ou macon ou manoeuvre sur un chantier...).
Donc, pour revenir à ce que je disais, en-dehors du fait que cela les avait littéralement choqué d'apprendre cela (je crois que les Allemands ne savent pas ce genre de choses, et seraient probablement très choqués...), la première question qu'ils m'avaient posé (et qui m'avait beaucoup fait rire ) c'était : "Mais quand est-ce qu'ils apprennent un métier ?!?"
Les Allemands prennent cela très au sérieux. On ne devient pas plombier ou électricien parce qu'on va s'inscrire chez Adecco et qu'on ne nous donne aucun autre choix. Et, en Allemagne, un macon ou une esthéticienne ou une coiffeuse ou un électricien ou un carleur, etc, etc, etc, sont quasiment tous des métiers très respectés (en plus d'être respectables). Les Allemands ne s'amusent pas trop avec ça, en pensant qu'on le devient en un coup de baguette magique...
Alors qu'en France, j'ai l'impression que ce n'est pas pris au sérieux.
En France, j'ai l'impression que n'importe qui peut devenir -presque du jour au lendemain- carleur ou chauffagiste ou coiffeur ou garagiste.
Par exemple, j'ai un ami (ingénieur de formation, quand même !), qui, maintenant qu'il est moins jeune (il a la quarantaine, comme moi) et donc moins en forme, physiquement, et puis plus très envie de retourner dans son domaine de compétences, va se lancer dans le bâtiment et la construction alors qu'il n'y a connait rien de chez rien !!!!!!!!!!!
Je lui ai demandé l'autre jour : "T'es sûr de ton truc là ? T'es sûr de ce que tu fais là ?"
Il m'a dit qu'en France c'est pas un problème.
Pour n'importe quel Allemand ce genre de propos seraient complètement halucinants, et un Allemanf qui entend cela croirait être dans un film de science-fiction ! Devenir macon ou garagiste ou n'importe quel autre métier sans la moindre formation.... Halucinant.
C'est là qu'on voit que sur certains points, entre la France et l'Allemagne, il y a un monde de différence de mentalité !
Inscrit le: 11 Jan 2006 Messages: 1914 Localisation: Trier, Rheinland-Pfalz, Deutschland
Posté le: Mar 13 Juin 2006 16:22 Sujet du message:
Yseult a écrit:
Gaston Lagaffe a écrit:
Mais, sans vouloir me faire l'avocat du diable, j'ai aussi un peu l'impression que les parents n'ont pas non plus trop le choix en France, car de ce que nous racontent nos amis, il n'y a que les filières scientifiques qui trouvent grace aux yeux de beaucoup d'employeurs, mais aussi d'écoles...
Donc, j'ai aussi l'impression que les parents n'ont pas non plus trop le choix en France. Ce qui expliquerait les choix absurdes que tu décris ci-dessus (envoyer son gamin, coûte que coûte, en filière scientifique).
Oui, je ne peux le nier et je suis tout à fait d'accord sur le fait qu'un élève qui n'a aucune idée de ce qu'il souhaite faire plus tard a tout intérêt à choisir la filière scientifique. Mais cela perd tout sens lorsque l'élève a un projet précis qui n'a rien à voir avec les sciences!
Absolument !
Yseult a écrit:
Sur le site de Wikipédia, tu me sembles avoir compté comme filière les spécialités! En général, il n'y a que 3 filières: L, ES et S. A l'intérieur, l'élève choisit une spécilalité, c'est en général sur cette matière que portera le plus gros coefficient de son bac.
Achso !
Qu'est-ce que c'est compliqué ce truc !
Tu vois, c'est ce que je te disais : c'est trop compliqué. Non, mais, sérieusement, c'est vrai en plus...
Inscrit le: 25 Mar 2006 Messages: 680 Localisation: Au pays de Ronsard et de Balzac...
Posté le: Mar 13 Juin 2006 16:24 Sujet du message:
Je ne suis pas sûre que ça s'applique à absolument tous les métiers manuels; ma mère est coiffeuse et je ne l'ai jamais entendu parler de ça. Elle a parfois de jeunes apprenties qui sont toutes passées par un CAP coiffure. Je crois qu'une coiffeuse sans formation se remarquerait bien vite et devrait vite fermer boutique
Par contre, je crois voir ce que tu veux dire!
En fait, en France, on considère que quelqu'un qui a fait de longues études (comme ton ami ingénieur) sera capable de faire un métier qui en demande moins. C'est bien cela que tu veux dire?
C'est vrai que c'est idiot, les métiers demandent des techniques qui ne sont pas innées, même chez un ingénieur ou un chercheur du CNRS.
De plus, les gens ne se rendent pas compte à quel point il y a de la demande dans certaines branches, la maçonnerie et la plomberie, par exemple.
Inscrit le: 11 Jan 2006 Messages: 1914 Localisation: Trier, Rheinland-Pfalz, Deutschland
Posté le: Mar 13 Juin 2006 16:43 Sujet du message:
Yseult a écrit:
Je ne suis pas sûre que ça s'applique à absolument tous les métiers manuels; ma mère est coiffeuse et je ne l'ai jamais entendu parler de ça. Elle a parfois de jeunes apprenties qui sont toutes passées par un CAP coiffure. Je crois qu'une coiffeuse sans formation se remarquerait bien vite et devrait vite fermer boutique
Oui, bien sûr, je pense qu'il y a aussi des métiers en France où les gens sont formés. C'est évident.
Mais ce que je voulais dire c'est qu'en France, il est possible de devenir presque n'importe quoi (garagiste, vendeur, ou plein d'autres choses) sans jamais avoir appris le métier.
Ceci est quasiment impossible en Allemagne. Rien que pour avoir la licence, pour ouvrir tel ou tel commerce, ou un garage, ou se lancer en tant que plombier ou électricien, etc, etc, il faut tel ou tel diplôme professionnel. Donc ce qui est possible chez vous est quasiment impossible chez nous.
Yseult a écrit:
Par contre, je crois voir ce que tu veux dire!
En fait, en France, on considère que quelqu'un qui a fait de longues études (comme ton ami ingénieur) sera capable de faire un métier qui en demande moins. C'est bien cela que tu veux dire?
Ah ben tiens, ça, tu vois, je ne le savais pas ! Donc c'est encore pire que ce que je pensais...
Yseult a écrit:
les gens ne se rendent pas compte à quel point il y a de la demande dans certaines branches, la maçonnerie et la plomberie, par exemple.
Absolument.
Il suffit de lire un peu la presse ou de consulter les offres d'emploi ou d'apprentissage pour se rendre compte qu'il y a des tas de métiers où on cherche des jeunes mais on n'en trouve pas !
C'est d'ailleurs presque exactement le cas pour ma fille : elle va commencer une "Banklehre" au mois d'août (parce que son papa a un carnet d'adresse...), et cela lui permettra de ne pas perdre de temps à faire des études pour rien, et elle gagnera directement sa vie. Et dans quelques années elle aura de l'expérience, alors que dans quelques années ses copains/copines français(es) auront fait des études et se retrouveront sans aucune expérience entrain de chercher en vain un premier boulot...
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Posté le: Mer 14 Juin 2006 15:03 Sujet du message:
D'abord, merci à tous pour les explications d'origine sur "bûcher"
Pour la question de studieren/lernen, j'ajoute qu'on ne fait pas la différence en France, ce qui explique sans doute pas mal de fautes d'emploi en allemand par les Français. On utilise facilement "études" pour parler de gens qui sont au collège. De même qu'on peut dire sans problème en français qu'on va "à l'école" alors qu'on en est déjà à l'université. (ce qui est peut-être aussi dû en partie au fait qu'on a en france des écoles dans l'enseignement supérieur). Résultat, les Français ont tendance à ne pas faire la différence en allemand.
Gaston Lagaffe a écrit:
Yseult a écrit:
Je ne suis pas sûre que ça s'applique à absolument tous les métiers manuels; ma mère est coiffeuse et je ne l'ai jamais entendu parler de ça. Elle a parfois de jeunes apprenties qui sont toutes passées par un CAP coiffure. Je crois qu'une coiffeuse sans formation se remarquerait bien vite et devrait vite fermer boutique
Oui, bien sûr, je pense qu'il y a aussi des métiers en France où les gens sont formés. C'est évident.
Mais ce que je voulais dire c'est qu'en France, il est possible de devenir presque n'importe quoi (garagiste, vendeur, ou plein d'autres choses) sans jamais avoir appris le métier.
Tout doux, tout doux ! Y'a quand même pas mal de métiers réglementés en France aussi ! Tu peux demander à ta maman, Yseult, mais je crois que le problème d'une coiffeuse non diplômée n'est pas qu'elle se ferait remarqué, mais qu'elle n'aurait pas le droit d'exercer ! En tout cas pas de monter son propre salon.
C'est le cas de plusieurs professions (coiffeur, fleuriste, restaurateur). Ceci dit, la différence est peut-être que si en France, un diplôme est obligatoire pour ouvrir un resto, il n'est pas nécessaire que ce soit le patron qu'il ait. Sans diplôme, je peux ouvrir un resto si au moins un de mes cuisiniers est dûment diplômé. Je crois que c'est pareil pour la boulangerie.
Pour sûr, ça donne de drôles de situations, où les patrons deviennent très dépendants de leurs employés (si l'employé diplômé part, il faut le remplacer à tout prix, sans quoi tu peux fermer boutique) _________________ Сонька
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