Solal a écrit:J'imagine que la carte de visite d'un traducteur, en tout cas à ses débuts, c'est son cursus non?
Bah, quand il a 22 ans et aucune expérience professionnelle, oui ! C'est pour ça que je ne peux que recommander aux ados qui savent déjà ce qu'ils veulent faire de suivre un cursus de traduction. Mais pour quelqu'un qui a déjà de la bouteille, non. Ce qui intéressera bien plus les recruteurs, c'est ton expérience professionnelle.

A condition d'être à la hauteur sur le plan linguistique évidemment. Ca, je ne peux pas en préjuger pour toi.

Donc, un diplôme de langue peut toujours faire un peu foi, oui. Ce sera pas décisif, mais ça peut améliorer ton CV si tu n'es pas diplômé de traduction. A condition que ce soit un diplôme significatif. Si tu envisages d'en passer, je te recommanderais les chambres de commerce (franco-britannique ou franco-allemande), y'a presque que ça qui ait vraiment de la valeur.
Solal a écrit:Comme tu es dans la branche tu es la mieux placé pour répondre : ce n'est pas grave si aucune école spécialisée ne figure dans le CV? Les diplomes de langues peuvent ils faire foi?
Solal a écrit:(L'interprétation de conf c'est quand même ce qui a le plus de chance de faire bouillir la marmite non?)
Euh, oui... C'est sûr que c'est ce qui rapporte le plus. Mais c'est quasiment que en interne dans les organisations internationales (je sais pas si ton projet était de bosser comme salarié ou en freelance ?) C'est quoi tes langues ? Parce que là aussi il faut rentrer dans le moule. Pour l'ONU, il faut deux langues officielles (anglais, espagnol, arabe, chinois, russe), en plus du français évidemment. Pour l'UE, aux dernières nouvelles, ils ne recrutaient plus sur des combinaisons classiques du genre anglais-allemand, il fallait une langue "traditionnelle" (anglais, allemand, italien,...) + une langue des pays entrants (bulgare, letton, maltais, etc.) Ceci dit, ça fait un moment que je n'ai pas mis le nez là-dedans, ça a pu changer (mais j'en doute, vu l'étendue des besoins).
Pour ce qui est de la trad et de l'interprétation de liaison, là par contre c'est très variable. Hormis la trad dans les institutions internationales, qui rentre dans le cadre expliqué ci-dessus, les postes salariés sont quasi-inexistants. Quant à l'exercice libéral, principal débouché, il peut faire très bien bouillir la marmite comme il peut ne rien faire bouillir du tout. tout dépend d'un nombre infini de facteurs tels que ta spécialisation, ton expérience, tes langues, ton créneau, tes capacités de marketing, etc. etc.
Solal a écrit:Autre point : je ne sais pas comment efficacement et rapidement me perfectionner pour être "au niveau". Il y a un moment où la réponse "vas vivre dans le pays" a ses limites (je ne fais pas trop de fautes mais je pourrai que difficilement les éliminer ici, les gens ne me corrigent pas parce qu'ils ont autre chose à faire, même si j'ai beaucoup insisté). Comme je ne suis pas étudiant en langues, mais d'ici peu "jeune cadre dynamique"(:roll:), je ne peux pas me reposer sur la quantité de temps investi sur les langues, mais plutôt sur la qualité de celui ci, il me faudrait un truc hyper ciblé. D'ailleurs en fait, je ne connais pas le niveau requis. J'ai beau avoir eu 980/990 au toeic et 116/120 au toefl, je suis loin d'être infaillible en anglais. L'allemand je compte le tester au Goethe Institut à Paris à mon retour (j'hésite entre C1 et C2, je regardé les annales mais leurs critères d'évaluations m'ont l'air flous).
Je ne peux guère t'aider sur ces questions... Si ce n'est de te dire que si tu vises l'interprétation de conf, je te recommande absolument de refaire une école. Sinon, tu n'as aucun chance face aux petits jeunes formatés pour les concours qui sortent de ces écoles. Et c'est justement le cadre où tu pourras perfectionner des points de détail dont on n'arrive pas à bout dans la vie quotidienne. Et si tu vises la trad, ben ça n'a aucune importance. Il faut un très bon niveau, certes, mais que tu fasses encore des petites fautes en t'exprimant en langue étrangère ne te gênera absolument pas (j'en fais certainement des tonnes et ça ne me gêne pas...) Nul n'est parfait, et même les interprètes !

Solal a écrit:Si je m'engage sur cette voie, je commencerai à faire de la trad' le soir et les week ends tout en continuant mon boulot normal, pour voir si c'est viable pour le nombre de clients.
Excellente idée... Pour la trad bien sûr ! Pour l'interprétation, ça ne te renseignera en rien, voir mes réponses précédentes

Solal a écrit:Comme j'imagine que ça fluctue en freelance dans ce milieu niveau boulot (desfois tu en as trop sur les bras, desfois pas assez) je ferai ça sur une année pour bien mesurer le demande.
Excellente idée aussi, ceci dit, ça ne te donnera quand même qu'une vision fragmentaire de la chose. Parce que si tu ne travailles que soir et WE, tu passeras à côté de beaucoup de jobs, donc tu peux arriver à la conclusion que ce n'est pas viable, alors que ça le serait si tu étais à plein temps. Par contre, tu peux jouer sur les we, qui sont souvent demandés. Mais pour ça, il faut être joignable le vendredi, jour où les clients casent toutes leurs demandes mirifiques pour le lundi matin !

Solal a écrit:Est ce qu'une langue exotique mais dont le nombre de pratiquants est élevé (en tout cas en France) peut aussi servir dans ce milieu (japonais dans mon cas)? Autant je suis très motivé pour amener mon japonais à un haut niveau, autant apprendre le bulgare juste pour enrichir mon profil...

Alors ça c'est une excellente question, et très compliquée... Il faudrait contacter des traducteurs de japonais pour être bien renseigné. Moi j'ai une langue exotique au nombre de pratiquants peu élevé en France (le russe), mais je peux te dire qu'elle sert à que dalle pour un traducteur professionnel ici, sauf évidemment à des fins de bénévolat/esclavage (rayer les mentions inutiles !

)
Je pense que le point fort du japonais, ce sont les prix : pays à niveau de vie élevé, avec une économie stable et exportatrice, donc potentiellement des clients bons payeurs. Le point faible que je craindrais, c'est que beaucoup de Japonais (pas qu'eux d'ailleurs, ça vaut pour d'autres langues) font d'abord traduire leurs notices en anglais, puis les envoient à traduire vers toutes les langues à des gens comme moi, qui doivent batailler avec du japanglish. Mais après, je ne sais pas si ça laisse un marché suffisamment important... Et je ne parle là que du technique.
Tu viserais quel domaine ?